Les soins des tout-petits - Rosaria Stone
Rosaria Stone

Les soins des tout-petits

Les soins des tout-petits - Rosaria Stone

J’avais presque terminé de lire un roman que j’adorais. Je traînais en longueur pour les dernières pages. L’atmosphère de l’ouvrage avait imprégné ma vie pendant plusieurs semaines, et j’avais bien du mal à la quitter. Je fis une pause dans ma lecture, et je pris le temps de me faire une infusion au thym et à la menthe. J’étais fatiguée, mais je voulais connaître les derniers développements de l’histoire. Mon téléphone vibra et une petite musique me prévint qu’un message venait d’arriver. Je le consultais. Mon frère m’envoyait des photographies de son fils de trois semaines. Il était très fier de ce petit bout d’humanité, et je l’étais tout autant. Mes amis, mes collègues, et même mon épicier avaient vu les photos de cet adorable bambin. J’avais envoyé un gros colis, récemment, à mon frère et ma belle-sœur avec des produits naturels pour bébés ; ma belle-sœur m’avait demandé de voir si je trouvais des couches lavables, une mission dont je parvins à m’acquitter.

En allant voir mon planificateur financier, j’étais passé devant une boutique pleine de produits naturels pour les tout-petits. J’avais pris toutes les meilleures crèmes au calendula, plusieurs bouteilles d’un liniment d’excellente qualité et les fameuses couches lavables, en coton issu de l’agriculture biologique. Une belle couverture en laine et coton vint compléter mes achats. Je pris une grande corbeille, que j’emballais soigneusement et dont je fis un colis. Je l’expédiais à mon frère, sa femme et leur enfant et il arriva très rapidement. Le petit portait, sur la photo que mon frère m’avait envoyée, une couche. Elle lui allait parfaitement, car j’avais pris un modèle spécial pour les nouveau-nés.  

Une amie avait fait une broderie sur la couverture, avec le prénom de l’enfant. J’avais pris aussi des colliers d’ambre, pour qu’il souffre moins quand il sortirait ses dents, et un anneau de dentition en caoutchouc naturel. J’avais été conseillé par la vendeuse. Comme je n’avais pas d’enfants, je lui avais fait confiance. Le colis était apparemment très apprécié. Je gardais la liste de tous les objets que je leur avais fait parvenir, pour ne pas leur reprendre des choses, dans l’avenir, que je leur avais déjà offertes. En repensant à tout cela, je n’avais pas vu que l’heure était bien avancée. Je me préparais mon souper. Pendant la cuisson, je terminais les quelques pages qui me restaient à lire, puis je reposais le roman, fini, en restant encore, quelques instants, pris par son intrigue.